<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://mythicmaylis.blogspirit.com/africa_colors/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>Les tribulations de Maylis - africa_colors</title>
<description>Coups de coeur, quête amoureuse, rêveries et billets d'humeur d'1 Bridget Jones parisienne</description>
<link>http://mythicmaylis.blogspirit.com/africa_colors/</link>
<lastBuildDate>Sat, 27 Oct 2007 14:10:34 +0200</lastBuildDate>
<generator>blogSpirit.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/10/15/maylis-les-hommes-et-le-senegal.html</guid>
<title>Maylis &amp; the senegalese guys</title>
<link>http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/10/15/maylis-les-hommes-et-le-senegal.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (maylis)</author>
<category>Africa Colors</category>
<pubDate>Sun, 15 Oct 2006 18:00:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;a href=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_akon_lonely.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_akon_lonely.jpg&quot; alt=&quot;medium_akon_lonely.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/files/Senegal.2.mp3&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://static.blogspirit.com/backend/blogs/images/extras/podcast.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;podcast&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://static.blogspirit.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://mythicmaylis.blogspirit.com/files/Senegal.2.mp3&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://static.blogspirit.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://mythicmaylis.blogspirit.com/files/Senegal.2.mp3&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;pluginspage&quot; value=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;AKON&lt;/strong&gt;, Senegal&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne crois pas au hasard. Depuis mon premier voyage en 1999 à Dakar, j'ai souvent croisé sur mon chemin des sénégalais. Probablement parce que j'ai avec eux un contact assez spontané. Que je connais un peu leur pays et l'apprécie. Que l'on n'attire jamais à soi des personnes uniquement par coïncidence. Que je suis sensible à leur culture, à leur façon d'être, à leur manière de taquiner, à leur physique aussi. Tiens! Pas plus tard qu'hier après-midi! Avec des copines on s'arrête prendre un thé sur une terrasse du Marais. Le serveur est black. Il est super attentionné avec nous, se met en quatre pour nous trouver une table. Il nous fait rire, nous bichonne, va même jusqu'à nous offrir un tiramisu et du chocolat. On papote, on rigole, on passe un bon moment. Il a de la classe et du charme. La quarantaine, séparé. Au moment de partir, il nous laisse un petit mot sur l'addition. Il s'appelle Omar. Et là.... je devine que le lecteur perspicace que tu es sait déjà  qu'il est sénégalais. Bingo! Et oui! J'sais pas pourquoi mais je sens que cet endroit là va rapidement devenir notre nouveau QG... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en profite d'ailleurs pour ouvrir une parenthèse et mettre en écoute un jeune artiste américain d'origine sénégalaise: Akon. Difficilement identifiable en terme de genre, je pense que l'on peut tout de même parler de RNB. Ce titre, que l'on trouve uniquement sur le net, parle de ses racines. Le groove est doux, la voix est chaude. J'apprécie beaucoup. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon! Revenons au sujet principal de ce post. On parlait donc de mes rencontres sénégalaises. Si tu me suis un peu cher lecteur..... Oui! je sais! je n'ai pas été très bavarde cette semaine mais promis! Je vais me rattraper. Tu comprends, beaucoup de boulot, over débordée, bref! Néanmoins j'écrivais lundi dernier sur ce blog au sujet d'un Meetic Break, précisant même: &quot;Pas la peine de continuer à me faire du mal toute seule. Plus de contacts virtuels momentanés. A part un jeune homme avec qui je suis en lien depuis près d'un mois. Je vais peut-être me décider à enfin le rencontrer&quot;. Tu vois! Je ne te cache rien! Et bien figure toi que depuis vendredi soir, c'est chose faite! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l'ai bel et bien rencontré. Même qu'il est français d'origine sénégalaise. Il m'a contactée dans la semaine, on est resté au téléphone jusque tard dans la nuit. Au moins il a le mérite, comparé aux autres mythiques tocards, de ne s'être jamais montré lourd. Plutôt du genre intéressant, persévérant et constant. Alors après faut savoir ce qu'on veut. Certes avec lui je n'ai jamais été pliée de rire, ce n'est pas un grand comique. Mais puisque j'aspire à une relation sérieuse et lui aussi, arrêtons de nous poser trop de questions: voyons nous! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rendez vous est donc pris pour vendredi, 21h. On se retrouve sur les Champs. La grande classe: il m'invite à dîner dans un lounge bar du quartier. L'impala, rue de berri. Un portier ouvre la porte et nous voilà catapultés dans un endroit au charme exotique mais bondé. Lumière tamisée. Ambiance campement kenyan. Masques et peaux de zèbre. Dj black. Au menu: antilope, autruche, requin, bananes plantin et heureusement pour moi poulet yassa. Et c'est parti pour 3 heures 1/2 de palabres. L'homme est très bavard. Il aime parler de lui et de ce qui l'intéresse. Rebondir sur ma petite vie ou mes passions à moi, déjà moins. Au point qu'à un moment j'ai un doute. Je lui demande &quot;tu m'entends quand je te parle?&quot; &quot;Mais oui, bien sûr!&quot; me repond t-il. Bon ben... c'est pas à cause de la musique alors... Rapidement il évoque un épisode de sa vie assez intime. Ca jette un froid. Non mais c'est vrai quoi! Confier à une inconnue des détails aussi personnels et dramatiques, ça ne détend pas franchement l'atmosphère. Le monsieur est cultivé, posé, prévenant, intelligent. Au niveau conversation, il va m'amener sur des terrains minés: politique, Europe, homosexualité, religion, économie, rapports nord sud, lois sur l'immigration, corruption, couples mixtes. Par moment j'ai le sentiment qu'il me provoque pour voir ce que j'ai dans le ventre. Ca l'amuse. Moi très moyennement. Je le lui fais savoir. Je comprends que sur certains points nous ne serons jamais d'accord. Même si le dialogue est possible, il manque selon moi d'ouverture d'esprit. Il est arrivé en France adolescent et vient d'une ethnie rurale assez traditionnelle. Ceci explique peut-être en partie cela. Il s'est bien débrouillé dans la vie, a de l'ambition, a réussi. C'est un homme, un vrai, qui va de l'avant. Pas une chochotte, ni un sentimental. Bon ok! Sauf que tout ça manque à mon goût: de séduction, de sensibilité, d'humour, de fantaisie, de légéreté. Peut-être est ce parce que c'est une première. Il n'a pas osé se lâcher... Physiquement j'ai pas bien fait attention. Faut dire qu'il faisait très sombre. Mais je pense que c'est potentiellement possible. J'aime pas cette expression mais j'sais pas comment le dire... Vers minuit 1/2, on quitte l'Impala. Il me raccompagne jusqu'au dernier métro et attend avec moi sur le quai. Il dit &quot;ce soir je t'ai un peu saoulée non?&quot;. Je confirme. Il plaisante, suggère que je l'invite la prochaine fois à savourer chez moi un yassa. Ben tiens! Vers 2h du mat' je reçois un texto me souhaitant bonne nuit. C'est une gentille attention. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous l'aurez sans doute compris, de cette soirée je garde une impression mitigée. Je ne ferme pas la porte. J'aimerais éventuellement le revoir pour mieux le connaître, voir s'il peut aussi se montrer un peu moins &quot;coincé&quot;. Je le laisse me recontacter. Comme dirait Little Sister: &quot;pour une fois que tu tombes sur un mec sérieux, à creuser...&quot;. Ouais, à creuser. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sauf que moi, le ptit Omar du café.... ben je crois bien qu'il m'a fait de l'effet! Et ça c'était pas prévu!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*NB: un ptit clin d'oeil à&lt;strong&gt; Babs &lt;/strong&gt;, autre sénégalais qui a fait une récente incursion dans ma vie via le blog ;-)
</description>
<enclosure url="http://mythicmaylis.blogspirit.com/files/Senegal.2.mp3" length="" type="audio/mpeg"/>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/09/26/nostalgie-africaine.html</guid>
<title>Nostalgie Africaine</title>
<link>http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/09/26/nostalgie-africaine.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (maylis)</author>
<category>Africa Colors</category>
<pubDate>Tue, 26 Sep 2006 17:50:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_pirogues_senegal.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_pirogues_senegal.jpg&quot; alt=&quot;medium_pirogues_senegal.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors voilà! J'ai appris ce week'end que ma soeur part quelques jours à Dakar. Un voyage professionnel au mois de Novembre. Déjà je vous dis pas comme j'aimerais pouvoir me glisser discrétos dans sa valoche. Ensuite... Ben ça a fait rejaillir plein de souvenirs. Evidemment! J'ai contacté mon ex mari qui m'a redonné quelques contacts sur la capitale. J'ai donc eu en ligne deux personnes de la médina qui me sont restées chères. Ami et tata N'Goné. Toujours aussi adorables et chaleureuses. Ils ont une jolie expression au Sénégal: pour dire que quelqu'un leur manque, ils disent &quot;j'ai ta nostalgie&quot;. C'est plein de poésie non? Elles m'ont demandé quand je revenais. Si ça ne tenait qu'à moi: demain. Elles se sont soucié aussi de savoir si j'avais trouvé depuis un nouveau mari. Ben non! Revenir au Sénégal j'aimerais bien mais bon! c'est un peu plus compliqué que ça. Du coup les odeurs, les gens, les sourires éclatants, la rue, la chaleur, les taxis brousses, les lauriers roses, les baobabs, la musique, la solidarité, les grandes familles, le thiéb'..... Tout ça m'est revenu d'un coup. Vraiment ça me manque. Beaucoup! Rarement un pays m'a fait cet effet. L'impression de m'y sentir comme un poisson dans l'eau. Maintenant c'est moi qui ai la nostalgie. J'y pense beaucoup. Comme par hasard mon livre de chevet du moment c'est &quot;Madame Bâ&quot; d'Eric Orsenna. Bref! Va falloir sérieusement penser à économiser dès à présent si je souhaite pouvoir m'y envoler. Sinon rien à voir, quoiqu'elle est tout de même métisse, mais je souhaitais absolument partager avec vous un véritable coup de coeur musical. Je l'écoute en boucle sans jamais me lasser. J'ai conseillé le CD à mes copines et Little Sister. Vous connaissez sans doute, elle passe en décembre à l'Olympia. C'est doux c'est super zen c'est groove c'est sensuel c'est chaud. C'est AYO! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_ayo.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_ayo.jpg&quot; alt=&quot;medium_ayo.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/08/31/mythic-black-mic-mac.html</guid>
<title>Mythic Black Mic-Mac</title>
<link>http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/08/31/mythic-black-mic-mac.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (maylis)</author>
<category>Africa Colors</category>
<pubDate>Thu, 31 Aug 2006 22:50:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_black_mic_mac.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_black_mic_mac.jpg&quot; alt=&quot;medium_black_mic_mac.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir je vais vous conter une histoire. Celle d'une fille que je connais assez bien, vous aussi je crois. Sur un coup de tête, à son retour de vacances, elle a décidé comme ça de se réinscrire sur un site mythique. Elle s'est dit tout de go &quot;pourquoi ne pas me remettre à la chasse?&quot;. Ben oui, quoi! Pourquoi ce serait toujours aux hommes de choisir leur proie et aux femmes d'attendre patiemment? Cette fille s'appelle Maylis. Mais ça je crois que vous le saviez déjà! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après 8 jours sur ce site, vous devez peut-être vous demander comment ça se passe pour elle. Ce soir je vais être super sympa. Etant sa confidente, je vais tout vous dévoiler. Bon! En même temps ce n'est pas vraiment un scoop: Maylis s'est déjà confiée sur ses 1ers chats à l'un de vous. Il s'appelle &lt;a href=&quot;http://lissuac.blogspot.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;Nono&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Lui, c'est un peu comme un ptit frère, elle l'aime vraiment bien. Vous pourrez lire&lt;a href=&quot;http://lissuac.blogspot.com/2006/08/la-bernard-mnez-touch.html#links&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; &lt;strong&gt;ici&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; ce qu'ils se sont dit. Comme il a insisté pour savoir si elle avait pêcho ou pas, la moindre des choses (ben oui quoi! entre blogueurs on est drôlement courtois) était de répondre à qui de droit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors voilà! Meetic ça donne quoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des chats plus ou moins réguliers. Avec pour l'essentiel jusqu'à ce jour des ptits jeunes en mal d'initiatrices expérimentées. Et des ptits vieux en mal de jeunettes énamourées. Et puis aussi deux keblas. Oh je sais! Maylis et les keblas! C'est tout un roman, une belle histoire. On connaît déjà. Juste une petite précision pourtant: elle ne kiffe pas que les blacks, disons plutôt qu'elle est spontanément attirée par eux mais pas exclusivement. Bref! Donc deux meetic boys acceptent volontiers de chater avec elle, un d'origine ivoirienne, l'autre elle ne sait même pas. Ils papotent, font tranquillement connaissance. Rien que d'assez banal. Ils essayent de découvrir pourquoi l'autre est là. Ca discute pèpère: loisirs, musique, vacances, rencontres, l'été à Paris, les sorties et tutti quanti. Pour le moment, point de sexe. Ils n'osent probablement pas. Tout au moins pas encore. Ca tombe bien! Elle n'est pas vraiment pressée, que très moyennement motivée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sauf que rapidement Maylis prend conscience d'un sacré souci: les deux blacks en question mettent exactement, montre en main, 17 minutes pour répondre à chacune de ses questions! Différentes hypothèses s'offrent à elle pour solutionner ce problème.  Mais elle serait sans doute ravie de recevoir aussi votre avis. C'est vrai quoi! Si ça se trouve c'est tout son avenir sentimental qui se joue là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Hypothèse Number 1: les 2 keblas ne sont guère vifs d'esprit et présentent peut-être un déficit en Q.I.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Hypothèse Number 2: les 2 keblas vivent à l'heure africaine. En même temps qu'ils surfent sur le net, approchant ainsi vaillamment quelques femmes blanches plutôt hardies, ils ne souhaitent pas pour autant renoncer à leurs traditions. Devant leur écran de PC ils tentent donc de répondre à la demoiselle tout en servant du thé &quot;la force&quot; à leur frère Boubacar, en savourant le thiéb cuisiné par leur tante Fatou, en prenant des nouvelles au téléphone de leur cousine Aïssata et en s'efforçant de se concentrer sur les sages palabres de leur très vénéré grand-père. C'est sûr que répondre dans pareille situation à la pauvre Maylis doit prendre un temps certain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Hypothèse Number 3: victimes de leur réputation légendaire, ils sont assaillis de toute part de femelles en chaleur. Gérer correctement un tel fan club sans froisser aucune doit demander diplomatie, patience et doigté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Hypothèse Number 4: ils n'en n'ont rien à f..... de la pauvre Maylis, ils lui répondent par pure politesse. C'est ce qui s'appelle sans doute se prendre un rateau virtuel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors vous savez quoi? Si à tout hasard, vous pensiez à de nouvelles hypothèses ou à de possibles explications, n'hésitez pas à les suggérer à Maylis, depuis clairement catastrophéee ;-)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;* NB:&lt;/strong&gt; l'humour et l'autodérision ne passant pas toujours de manière évidente à l'écrit, est il utile de préciser que ce post n'est point à prendre au 1er degré?
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/04/11/le-ventre-de-l-atlantique.html</guid>
<title>Le ventre de l'Atlantique</title>
<link>http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/04/11/le-ventre-de-l-atlantique.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (maylis)</author>
<category>Africa Colors</category>
<pubDate>Mon, 10 Apr 2006 00:00:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_le_ventre_de_l_atlantique.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_le_ventre_de_l_atlantique.jpg&quot; alt=&quot;medium_le_ventre_de_l_atlantique.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a bientôt trois ans, j'ai entendu parler pour la première fois de ce formidable bouquin. Alors en plein divorce, je restais néanmoins concernée par le Sénégal et passionnée de littérature africaine. Je me suis donc précipitée dans la première librairie venue pour acheter ce livre, que j'ai dévoré d'une traite. Son auteur, &lt;strong&gt;Fatou &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Diome&lt;/strong&gt;, est née au Sénégal. Elle a étudié en France, où elle enseigne aujourd'hui après avoir obtenu un Doctorat de Lettres. Mieux que personne avant elle, son roman évoque avec  réalisme, humour et poésie, dans un style résolument contemporain, le rêve de nombreux africains. Celui de venir faire fortune dans une France hospitalière, prospère, accueillante et généreuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses deux personnages principaux:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Salie, jeune femme expatriée en France, qui porte un regard à la fois attachant et critique sur son île natale de Niodior et ses figures locales tout en souffrant d'un exil pas toujours tendre avec elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Madické, son frère, fan de football, qui la tanne pour venir la rejoindre en Europe espérant ainsi connaître enfin son heure de gloire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le passé se mélange au présent, là-bas se confond avec ici... &lt;br /&gt;L'homme de Barbès, notable envié au pays, est en fait un parfait mytho, râté de l'immigration, qui abreuve les siens de récits terriblement éloignés de sa réalité. Fatou Diome raconte fort bien les attentes démesurées de la famille restée au Sénégal et le refus de ces derniers de croire que la France n'est pas l'Eldorador tant fantasmé et sublimé. Entre leurres et espoirs, entre Europe et Afrique, entre mythe et réalité, l'envie d'un ailleurs meilleur est ici formidablement conté. Avec ce récit, j'ai retrouvé des odeurs, des images, des rituels, des noms, des lieux qui m'étaient familiers. Au Sénégal, c'est très mal perçu de dévoiler le quotidien d'un immigré, qui doit être forcément synonyme d'argent et de réussite. Les illusions ont bon dos, résistent malgré les aléas d'une migration rarement hydillique. Ici pour une fois une femme parle sans langue de bois de sa condition, dans son pays de naissance et dans son pays d'accueil. Des destins contrastés, saisis dans un tourbillon de sentiments entremêlés, sont formidablement restrancrits grâce à une plume sensible et originale. Personnellement ce livre je l'ai adoré! Je vous recommande chaleureusement &quot;&lt;strong&gt;Le ventre de l'Atlantique&lt;/strong&gt;&quot;, que l'Afrique ou non vous attire, car son sujet est universel. Il a été récemment publié en version poche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un autre genre, pour cette fois les passionnés d'exotisme, j'ai beaucoup aimé aussi le chef d'oeuvre de &lt;strong&gt;Mariama Bâ&lt;/strong&gt;, &quot;&lt;strong&gt;Une si longue lettre&lt;/strong&gt;&quot;. Un cri teinté de féminisme avant l'heure évoquant avec sensibilité et émotion le statut de la femme en Afrique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_mariama.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_mariama.jpg&quot; alt=&quot;medium_mariama.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/03/31/l-ivoire-et-l-ebene-suite.html</guid>
<title>L'ivoire et l'ébène, suite...</title>
<link>http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/03/31/l-ivoire-et-l-ebene-suite.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (maylis)</author>
<category>Africa Colors</category>
<pubDate>Fri, 31 Mar 2006 16:35:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_mali.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_mali.jpg&quot; alt=&quot;medium_mali.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu étais un des rares hommes jeunes de cette assemblée, difficile de ne pas te remarquer. Tu avais un regard gentil et doux, c'est ce qui m'a conquis. Très grand, profil sahélien long et fin, ta peau ébène était particuliérement foncée. Ce jour là, je m'en souviens très bien, tu portais une chemise de velours vert, un jean et des baskets. Une casquette aussi, mais tu l'avais otée, tu es un homme civilisé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tels deux enfants, nous nous sommes longuement obsérvés à la dérobée. Tu étais un de leurs invités, car ton mémoire de fin d'études portait sur la toxicomanie. Notre parcours universitaire était étrangement similaire. A un moment, je n'ai pas résisté. Non sans un certain culot, je t'ai fait discrétement parvenir un petit papier. Je t'invitais, toi et ton ami Sidi, à rester bavarder avec nous à l'issue de cette assemblée. Voilà! C'est aussi simple que cela, c'est ainsi que nous nous sommes rencontrés! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai su que tu t'appellais Bouba, que t'avais 32 ans, que tu étais de l'etnnie des lébous, que tu logeais dans ta famille à la Médina, que tu recherchais un emploi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On s'est rapidement revu, c'était entendu! Le vendredi, devant la grille du dispensaire: toi, ton ami, Anna et moi. Nous nous sommes rendus à pied jusqu'à Soumbédioune, marché artisanal vivant et coloré, à deux pas de la mer, de ses pirogues, de ses étals de poisson. Sur le chemin, nous avons croisé beaucoup de monde, tous vous connaissait, vous saluait, vous enviait aussi: être accompagnés de deux blanches, c'est tellement porteur d'espoir, sujet à jalousie aussi. Je riais de vos salutations à n'en plus finir: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&quot;Assalamaleikoum&quot; &lt;br /&gt;-&quot;Maleikoum sala&quot;&lt;br /&gt;-&quot;Nangadef?&quot; &lt;br /&gt;-&quot;Mangui firek!&quot; &lt;br /&gt;-&quot;Alors boy, ça va?&quot; &lt;br /&gt;-&quot;Ca va!&quot; &lt;br /&gt;-&quot;Et la famille?&quot; &lt;br /&gt;-&quot;Elle va bien merci!&quot; &lt;br /&gt;-&quot;Et la santé?&quot; &lt;br /&gt;-&quot;Ca va! amdoulilah!&quot; &lt;br /&gt;-&quot;Bien.. bien..&quot; &lt;br /&gt;-&quot;Et le travail?&quot;&lt;br /&gt;-&quot;Toujours rien, bientot inchallah!&quot;... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne garantis pas l'orthographe, je ne parle ni wolof ni arabe. Imaginez vous ces salamaleks tous les 2 métres multipliés par au moins une douzaine de personne! Faut pas être pressé! C'est aussi ça le Sénégal, savoir prendre son temps, prendre des nouvelles, se préoccuper de l'autre. Ca dénote un vrai esprit de village et de respect, ça me changeait de la capitale et de son indiférence à peine voilée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref! Une fois arrivée au marché, vous nous avez gentiement aidées à marchander, galamment porté nos paquets. En fin d'après-midi, nous avons pris un verre au bord de la mer, histoire d'apprendre à mieux se connaître. Le lendemain, c'était samedi. Nous nous sommes promenés sur la côte, il faisait chaud, j'appréciais de plus en plus ce pays. Ce jour là c'était clair: tu me plaisais, je te plaisais. Sidi et Anna marchaient loin derrière. A un moment, nous avons débouché sur une crique, nous sommes allongés sur le sable. Et là, devant les vagues de l'Atlantique, tu m'as donné ton premier baiser. L'instant était magique. Un moment gravé à jamais dans ma mémoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir même nous fêtions notre départ. On s'est retrouvé toute une bande à danser au Nouveau Casino, boîte chic des Almadies. Nous étions à la fois tristes et gaies, Anna et moi: tristes de devoir déjà vous quitter, gaies de tous ici vous retrouver. J'étais assez perturbée par cette rencontre inattendue, un mélange de douces saveurs, de sentiment mêlé de plénitude et d'inquiétude. Je pressentais que si nous devions nous revoir, les choses allaient être compliquées. Ce soir là, ta tante a été très inquiète: tu n'es pas rentré chez toi de la nuit, tu as tenu à être à mes côtés pendant ces derniers moment de mon aventure africaine. Je devinais que quelque chose de fort et de sincère était entrain de se tisser. Que ce lien nous aiderait à oublier distances et frontières, à consolider ce si beau souvenir pour regarder ensemble confiants vers l'avenir. Je savais que tu n'étais pas un coureur, que tu étais un homme sérieux: je m'étais discrétement renseignée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que je ne savais pas encore, c'est qu'une grande histoire d'amour allait à jamais nous lier. Que j'allais revenir 3 fois en 10 mois te revoir, que le Sénégal deviendrait mon deuxième pays, ta famille ma seconde famille, que je serais rebaptisée Awa aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surtout, je ne savais pas encore que tu allais devenir mon mari!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le début d'un immense bonheur et de quelques galères. C'est ainsi que par une belle journée de Novembre l'ivoire et l'ébéne se sont rencontrés, se sont enlacés, se sont embrassés, se sont devant l'immensité de l'Atlantique à jamais liés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à Anna, elle n'a pas supporté ce retour aux sources ni ce bonheur dont elle n'a su avec moi se réjouir. Avant ce voyage, je n'avais pas conscience de son immense fragilité, de son côté torturé, de son incapacité à donner, à aimer. Anna je l'ai portée, écoutée, valorisée, aidée durant des années. Au moment où à mon tour j'aurais aimé qu'elle me soutienne dans cet amour, je n'ai trouvé que critique, amertume et jalousie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis nous ne sommes plus amies, on ne s'est pas revu. Partir à deux pour une telle aventure, ça renforce les liens ou au contraire ça les détruit. Abdou s'est aussi marié, à une française, mais qui ne s'appelle pas Anna ;-)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà! Je ne suis pas sûre d'avoir envie d'aller au-delà, le reste est du domaine privé, de l'intimité, ça m'appartient. Bouba est un homme très pudique, je ne pense pas qu'il apprécierait voir notre histoire ainsi publiée. Sachez juste qu'après un an de voyages à répétitions, de soucis de papier et financiers, nous nous sommes mariés à Paris fin Novembre 2000. C'était la veille du Ramadan. Nous avons été heureux, nous nous sommes vraiment aimés. Un jour hélas cette belle histoire a eu une fin, trop de malentendus et de différences que nous avions sans doute dans notre insouciance sous estimées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes divorcés depuis exactemennt trois ans maintenant, c'était fin mars 2003.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis retournée pour la dernière fois au Sénégal en Avril 2002. C'est d'une gargotte au bord des flots que l'on a appris par radio le score de Le Pen aux présidentielles. On avait honte, on était sous le choc! J'ai eu la chance de découvrir par la suite la Casamance et ses campements de fortune, le delta du siné saloum, les mangroves et les ballades en pirogue, la petite Côte et ses plages, Joal Fadiou le village de Senghor. Ce pays magnifique me manque, l'affection, l'hospitalité et la chaleur de ma belle-famille aussi, avec laquelle je conserve des liens de loin en loin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dédie ce post a mon adorable belle-soeur, une vraie petite soeur:&lt;strong&gt; Diatou&lt;/strong&gt;.
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/03/31/quand-l-ivoire-et-l-ebene.html</guid>
<title>Quand l'ivoire et l'ébène...</title>
<link>http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/03/31/quand-l-ivoire-et-l-ebene.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (maylis)</author>
<category>Africa Colors</category>
<pubDate>Thu, 30 Mar 2006 16:35:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_femme_afro.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://mythicmaylis.blogspirit.com/images/medium_femme_afro.jpg&quot; alt=&quot;medium_femme_afro.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était en Octobre 1999. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'avais 35 ans. Je m'apprêtais à réaliser un rêve... Deux mêmes! Mais je n'avais pas encore conscience du second. Nous avions quitté Orly sous une pluie  fine, un ciel gris. Je n'étais pas seule dans l'avion: Anna, une amie métisse centrafricaine m'accompagnait. Pour elle ce voyage aussi allait être un choc, une révélation. A tel point que quelques semaines plus tard, nous ne serions plus amies. Le docteur Cissé devait nous attendre à l'aéroport... Ou peut-être Abdou, notre ange gardien? Nous maitrisions en fait très peu de choses, ce serait la surprise!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le moment, nous venions à peine de fouler le sol africain. Sur le tarmac, il faisait encore chaud malgré l'heure tardive, nous sentions la moiteur de cette nuit nuit déjà s'abattre sur nous. J'avais peine à imaginer qu'on y était enfin! Ce projet je le chérissais depuis de si longues années. Nous avons suivi la foule compacte des voyageurs, franchi le poste de douane, attendu sagement l'arrivée de nos bagages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là! A l'aéroport international Léopold Sedar Senghor, l'Afrique nous assaillait, nous enveloppait déjà de ses cris, de ses bruits, de ses odeurs, avec son lot de Saï-Saï qui couraient dans tous les sens, proposant leurs services: &quot;Madame! Madame! tu veux un chariot?&quot; &quot;Madame! Madame! tu cherches un taxi?&quot; &quot;Madame! Madame! tu veux un bagagiste?&quot;. Anna et moi nous sentions un peu perdues dans cette foule, fatiguées du voyage mais également très excitées! Dehors, à seulement quelques mètres de là, &lt;strong&gt;le Sénégal&lt;/strong&gt; et sa célèbre &lt;strong&gt;Terranga&lt;/strong&gt; nous tendait les bras. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce ne fut finalement pas une personne qui s'était déplacée pour nous accueillir, mais une véritable délégation, dont la présidente de l'association en personne! Il y avait aussi Docteur Cissé et un assistant, bien sûr Abdou! et d'autres encore. C'est comme ça au Sénégal: vous venez parrainées par un des leurs et vous êtes reçues comme des reines! Après les présentations et les salamaleks d'usage, Abdou nous conduisit jusqu'à la villa du quartier Sicap Sacré Coeur 2 où nous allions résider durant ces 8 jours. La première nuit à Dakar fut quasi sans sommeil: le bruit au loin des djembés, la chaleur, la crainte des moustiques, le sentiment d'être enfin arrivées sans savoir vraiment ce qui nous attend, cette chambre étrangère où nous n'avions pas encore nos repères... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais si je commençais plutôt par le début? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce séjour a pris forme quelques mois plus tôt, en juin pour être précise. Au détour d'une formation, j'avais fait la connaissance de Franck, psychanalyste lacanien. Plus africain que ses frères noirs, il était né à Dakar du temps de la colonie. Il nourrissait avec ce pays des liens quasi charnels. Bien que vivant en France, il tentait à sa façon d'améliorer le quotidien de certains en envoyant médicaments, matériel médical, en soutenant des projets humanitaires, en visitant des prisons et des hopitaux psychiatriques. Il avait même été décoré chevalier de la légion d'honneur sous le régime d'Abdou Diouf, connaissait quelques huiles du pays, avait la double nationalité. Je partageais avec lui cette passion pour l'Afrique, qui pour moi restait encore abstraite. J'admirais cet homme pour son humanisme, son intelligence et sa droiture. Il avait un sens sacré de la parole donnée. Je me suis donc ouverte à lui, lui ait fait part de ce rêve de pouvoir un jour participer à un projet humanitaire mais mon temps était limité, en raison de contingences professionnelles. Franck m'a dit: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &quot;Ecoute, je te promets rien, laisse moi quelques jours pour y réfléchir, prendre quelques contacts, je te tiens au courant&quot;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On était fin juin, les vacances d'été arrivaient, je n'étais pas sûre qu'il me rapelle. Je me trompais... Début Aout notre séjour était déjà bouclé, préparé, programmé: nous allions Anna et moi suivre une équipe médicale dans un quartier défavorisé de Dakar, la Médina, en apportant avec nous médicaments, vêtements pour enfants et fournitures scolaires. Nous avions pu obtenir de la compagnie aérienne un suplément de bagages gratuit et conséquent. Voilà! Franck avait tenu sa promesse, s'était occupé de tout, sans même nous connaître, ou si peu... Pendant l'été j'en profitais pour ingurgiter des tas de bouquins qu'il m'avait conseillés, dont ceux d'Amadou Hampaté Bâ, histoire de me mettre un peu dans le bain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques mois plus tard, nous étions donc enfin arrivées à bon port! Difficile pour moi de mettre des mots sur ce que j'ai ressenti alors. Un mélange de choc culturel, de chaleur humaine, de couleurs, de rires et de bonne humeur.... Une prise de conscience aussi: de notre confort, de nos futilités d'enfants gâtés se plaignant sans cesse malgré leur chance. Un étonnement devant l'extraordinaire sens de l'hospitalité des familles sénégalaises, devant leur sens de l'humour et leur capacité à tenir à distance leur souci grâce au rire. Le port de tête fier et quasi royal des femmes,  leur coquetterie, leurs boubous précieux aux couleurs chatoyantes, l'odeur ennivrante de l'encens qu'elle font brûler, le tiouraï. La pauvreté, les bidonvilles dans certains coins reculés, les canaux asséchés faisant office de décharge publique, la maladie, le chomage, la corruption, une jeunesse qui a étudié à l'université et ne voit aucun avenir se profiler, leur admiration pour la France et le penchant évident des hommes pour l'ivoire de nos peaux, la musique et la danse ominiprésentes. Leur sens sacré de la famille, du religieux, de la solidarité, du respect des plus anciens. Leurs pratiques et rituels obscurs, les médecins traditionnels qui guérissent avec des plantes, l'animisme, les marabouts, les talibés, la cohabitation de plusieurs générations dans un même appartement et la chèvre dans la cour alors qu'on est en pleine capitale, le diabète qui ampute et qui tue...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Franck m'avait prévenue: &lt;br /&gt;&quot;Oublies tous tes repères d'occidentale, laisse toi gagner par la magie des lieux, par leur rythme bien particulier. Si tu as le sentiment que c'est le bordel, c'est normal! mais sache que c'est un bordel organisé au sein duquel le sénégalais s'y retrouve toujours. Fais leur confiance!&quot;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme souvent, il avait raison. J'ai très vite oublié le stress, la montre, toute notion de ponctualité, l'idée d'organiser, de projetter, de prévoir, de manger à midi pile, d'avoir un taxi ou un car rapide à heure fixe. De toutes façons, rien de ce qu'on envisageait ne se produisait jamais comme prévu! Il y avait toujours des surprises, des incidents, des roues crevées, une maîtresse implorante, des siestes qui se prolongent, des motifs plus ou moins crédibles invoqués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus simple était effectivement de faire confiance, de se laisser porter...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas évident pour moi de vous parler avec précision de ces séances de vaccination collectives, des consultations gynéco où un seul spéculum pour toutes, stérélisé dans un seau posé à même le sol, mélange d'eau et de javel... De ces femmes sur le point d'accoucher alors qu'on devine à peine leur ventre rond, de ces impressionnantes crises de palu, de ces gens décharnés au regard perdu, de tous ceux qui attendent patiemment des heures sous le soleil de voir un médecin pour ne finalement pas avoir l'argent des médicaments, de ces femmes lasses et fatiguées au centre de réadaptation nutritionnel tenant dans leurs bras des bébés au ventre anormalement rebondi, de ces vieillards amaigris, allongés sur un lit attendant qu'un des leurs apporte un peu de thiéb à manger. Cette expérience au dispensaire fut très violente et choquante. On a envie d'aider, d'intervenir, on se sent en même temps tellement démuni. Parfois coupable aussi, coupable de bénéficier d'un confort de vie et d'un système de santé qui nous met à l'abri. Paralèllement il y a toujours les rires, le sens de la débrouille, la convivialité, la joie de vivre, l'optimisme malgré le pire. Je me suis quasi intantanément sentie à l'aise dans ce pays, nageant tel un poisson dans l'eau. J'en suis littéralement tombée amoureuse, je me suis lâchée, laissée porter par le courant. Lorsque Dr Diop, responsable de notre stage, ne nous entrainait pas sur les routes sabloneuses avec son vieux 4X4, c'est Abdou qui prenait le relai. Il connaissait la France pour y avoir étudier, il venait d'un milieu aisé, savait nous aider à aimer, à décoder son pays. Il fut notre guide, nous a fait découvrir le Lac Rose, Gorée, Dakar la nuit, ses marchés, les Almadies, les plages, Soumbédioune, nous a présentées sa cousine Mariam. Anna en était secrétainement amoureuse. C'est vrai qu'il était beau Abdou, fier peul dans son magnifique boubou! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons également tissé des liens avec un directeur d'école. Imaginez ça en France: 80 élèves par classe, un salaire de misère, absence totale de moyens pédagogiques. Nous sommes reparties avec la promesse de lui trouver une écolé parisienne qui accepterait de se jumeler. Parole que nous avons tenue, projet qui a bien eu lieu avec une classe de CM2 de Belleville. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis un jour....&lt;br /&gt;C'était un mardi je crois, ou alors un mercredi?... Je ne sais plus très bien....&lt;br /&gt;Nous avons été conviées à assister à une assemblée générale d'une association de prévention. L'augmentation de la délinquance et l'arrivée d'une drogue de très mauvaise qualité sur la Médina les avait fait se réunir. Curieux tableau que celui là: nous deux, seules femmes, seules blanches, invitées d'honneur du président, devant près de 40 hommes, de tout âge, tout milieu, extrêmement respectueux de la parole d'autrui. En près de 3 heures de palabres, pas un seul n'a osé coupé la parole. Ils m'ont épatée par leur sagesse et leur réel sens de l'écoute. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au milieu de tous ces hommes, regards braqués sur nous, françaises porteuses d'espoir et à la fois objets de curiosité, je remarque soudain un seul d'entre eux...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon attention est toute entière portée vers &lt;strong&gt;LUI&lt;/strong&gt;. Quand son regard timide croise le mien....&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cette seconde là, je ne le savais pas encore, mais le cours de ma vie allait être profondément modifié...
</description>
</item>
</channel>
</rss>