14.06.2006

Quand j'étais petite fille

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Quand j'étais petite fille...
J'avais hâte de devenir grande
Je me disais que je ferais mieux que mes parents
J'aimais beaucoup ma maman
Je la trouvais aimante présente et disponible
J'imaginais être la fille du facteur
Dans ma tête d'enfant il était plus souriant
Que mon père souvent absent

Quand j'étais petite fille...
Je croyais au prince charmant et à son cheval blanc
Je m'imaginais faire le tour du monde en 80 jours
Je dévorais les bouquins de fantômette et la comtesse de ségur
Je regardais la télé en cachette assise sur les escaliers
Dans le noir la porte entrebaillée

Quand j'étais petite fille...
J'avais de longs cheveux bouclés et des tâches de rousseur
Je respectais et craignais les instituteurs
Je n'aimais pas et fuyais les garçons
Je faisais ma commandeuse à ma façon
Je piquais aussi le goûter de ma soeur
Depuis elle éprouve d'ailleurs de la rancoeur

Quand j'étais petite fille...
Je voulais être maman
J'aurais une grande maison aux volets reluisants
Avec un jardin et plein d'enfants dedans
Je faisais des cabanes je courais dans les champs
Je jettais les fleurs en plastique du curé
Pour décorer l'autel de la chapelle de bouquets colorés
Je n'aimais pas ses sermons du dimanche
Je trouvais qu'il s'y prenait comme un manche

Quand j'étais petite fille....
Je rêvais d'un métier où je serais utile je comprendrais les gens
Missionnaire religieuse éducatrice interprète ou enseignant
Parfois dans ma maison je me sentais à l'étroit et m'ennuyais
Je trouvais que les grands trop souvent grondaient
J'envisageais d'apprendre plein de langues étrangères
J'avais envie de faire de la voile et partir loin en croisière
Kersauzon et Florence Artaud étaient mes héros

Quand j'étais petite fille....
Je tenais un journal chaque soir et m'imaginais déjà écrivain
Je n'aimais pas chez Tante Adèle les fêtes de la Toussaint
Je n'appréciais pas le sport mais étais bien obligée de m'y coller
Je regardais l'île aux enfants et les dossiers de l'écran
Je rêvais d'un grand frère fort protecteur et sympa
J'allais à vélo m'acheter au village des souris en chocolat
J'épargnais mon argent pour faire des stocks de tagadas

Quand j'étais petite fille...
Je ramassais des coquillages pour en faire des poupées chinoises
J'aimais partir avec mon épuisette à la pêche aux crevettes
Organiser des chasses au trésor dénicher de belles améthystes
Danser l'été au bal des pompiers après le feu d'artifice

Et vous, lorsque vous étiez enfants, c'était comment?

26.04.2006

Les années école

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Je ne sais pas quels sont vos souvenirs d'école. Les miens ne sont pas transcendants, ni bons, ni mauvais. Fallait y aller, c'est tout! On ne se posait pas trop de questions à l'époque, c'était comme ça... Les journées d'école rythmaient notre enfance, les vacances notre année. Je n'ai jamais eu de difficultés d'apprentissage particulière, une scolarité sans histoire. En seconde peut-être ça s'est un peu corsé en Maths, mais rien de bien méchant. J'étais plutôt bonne élève, du genre qui fait juste ce qu'il faut pour obtenir une moyenne honorable. Sans trop se fatiguer, faut pas pousser non plus! De la maternelle à la terminale, je suis restée fidèle à moi-même: "Peut mieux faire", "Elève bavarde et dissipée, pourrait obtenir de très bons résultats si travaillait plus". Les appréciations des enseignants sont restées les mêmes tout au long de ma scolarité. Dès la grande section, l'instit pour me taire m'a collée un scotch sur la bouche, c'est vous dire!

Je n'ai pas le souvenir de m'être réellement ennuyée en cours, à part lorsque les profs manquaient réellement de panache ou de pédagogie. Très tôt j'ai été attirée par le français, les langues étrangères, l'histoire géo. Les matières scientifiques, c'était déjà moins ma tasse de thè. Mes parents n'ont pas eu la chance de faire des études. Ils nous ont rapidement inculquées que la réussite sociale passait d'abord par la réussite scolaire. Mes soeurs et moi avons eu vite conscience qu'il était important de travailler un minimum si on voulait exercer plus tard le métier de notre choix. Je crois que nous avons bien retenu la leçon: 3 soeurs, toutes 3 avons fait des études supérieures et opté pour un job qui nous plaît. Nos parents ont toujours eu l'intelligence de respecter nos choix d'orientation.

A l'école, ce qui me plaisait le plus, c'était les récrès. On allait chez les bonnes soeurs, il y avait une grande cour, un petit stade, un terrain de foot et un bois, bref! on avait de l'espace. Ma hantise? Les cours de sports! Une prof d'EPS en seconde m'avait prise en grippe, je n'étais sans doute pas assez performante pour elle. Elle m'a tellement terrorisée que ça s'est terminé par une dispense de sport, y compris au Bac. Faut dire que j'étais pas une flèche, j'aimais pas trop me bouger.

Dès la 3ème, j'ai su le métier que je voulais faire, profession que j'exerce aujourd'hui. Devenir institutrice ou interprête m'aurait aussi bien plu, être un jour écrivain était un de mes rêves. Il est d'ailleurs resté au stade de doux songe. J'ai toujours aimé lire, dévoré tôt quantité de bouquins. Ca m'a été utile au niveau vocabulaire et culture générale. Dans mes relations avec les camarades, j'avoue avoir eu un temps un penchant pour les Cosettes et les Rémis sans famille. Ma mère disait souvent que je ramenais à la maison essentiellement des "cas sociaux". Je me rappelle notamment d'une fille, Catherine S. Je l'ai connu du primaire à la fin du collège. Elle était élevée par ses grands-parents, orpheline de mère. Son père, elle ne l'avait jamais vu. Elle détenait pour seule information qu'il était pied-noir d'origine espagnole. Catherine était toujours voutée, elle ne s'exprimait pas très bien, semblait porter toute la tristesse du monde sur ses épaules. A l'époque, je ne sais pas si certains s'en souviennent, il y avait un chanteur à minettes très à la mode, Noam. Elle en était tombée raide dingue amoureuse, sa chambre était tapissée de ses posters, elle lui écrivait de longues lettres, elle y croyait presque à son histoire. Cette fille était larguée, elle manquait complétement de racines. Elle a même un temps imaginé qu'Enrico Macias était son père, imaginez le tableau! Et bien c'était ma copine, ma petite protégée.

J'étais pas très en avance côté garçons, une vraie oie blanche. Heureusement je me suis bien rattrappée depuis! J'ai du avoir un premier vague flirt en seconde, et le vrai grand amour avec initiation et tutti quanti à 19 ans. Mes copines étaient plus averties. En 1978, je devais être en 4è ou en 3ème, il y a eu en Bretagne la catastrophe écologique que tout le monde connaît: la marée noire. Mais nous, on voyait pas trop l'événement sous cet angle. Gros chambardement dans le bled, les militaires étaient réquisitionnés, les volontaires belges affluaient. J'avais une autre amie, plus futée que la précédente, Zabeth, une noble désargentée. Plutôt sage, discrète et originale. J'ai été estomaquée à l'époque de la voir flirter avec légéreté et naturel avec les bidasses de passage, je crois même avoir été littéralement outrée. L'uniforme a un temps fait fureur dans notre si calme trégor.

En 3ème j'ai toutefois réussi à me faire virer du collège 1 mois avant la fin des cours pour indiscipline. Rien de bien méchant, un peu de bazar en cours, des trucs de gamins. Mais chez les bonnes soeurs ça rigolait pas! C'était sans doute là les signes avant-coureur de l'adolescence. Ce fut par contre la plus grosse honte que j'ai infligée à mes parents. La sanction qui s'en est suivie a gâché une bonne partie de mon été, oté toute envie de récidive....

Au lycée, j'ai adopté le look babacool très en vogue à l'époque. Sac US Army sur le dos, décoré de Peace&Love, de fleurs brodées, de noms de groupes de rock: Starshooter, Trust, Téléphone. Je portais des pulls larges bariolés, je piquais les chemises de mon grand-père, j'avais des jeans-baskets, les cheveux longs qui me tombaient dans les yeux. J eme tricotais même des écharpes immondes. A l'époque je me prenais pour une rebelle alors qu'en réalité, je me contentais probablement de suivre le mouvement adolescent. Je n'ai pas toujours été une ado facile, j'en ai pas mal fait baver à mes parents. Bien sûr, tout était nul, tout était con, surtout mes vieux! Très idéaliste, entière, utopique, romantique et hyper sensible, je trouvais que le monde ne tournait pas rond. Mes potes de l'époque m'appellait Calimero. J'étais jamais contente, trouvais tout très injuste. C'est marrant de se remémorer ça, c'est loin déjà. Tant de chemin parcouru...

On dirait que l'école et les élèves ont bien changés depuis, les parents aussi...

Pour clore ce chapitre scolaire, je suis partie un an apprendre l'allemand à Düsseldorf après le Bac. Mes parents, bien que peu rassurés de me voir si tôt quitter le cocon familial, m'ont laissée faire. A 19 ans, j'ai débarqué à Paris pour mes études sup'. Une vraie Bécassine! L'air de la province m'étouffait, j'avais besoin de nouveaux horrizons, à mois la liberté! Je ne l'ai jamais regretté, j'en ai bien profité. J'y ai même rencontré mon 1er grand amour à peine débarquée.

Je ne sais pas trop pourquoi je vous raconte tout ça. C'est probablement un récent post de Nil qui m'a inconsciement influencée...

Et vous? Quels souvenirs en gardez vous? Avez vous des regrets? Etiez vous plutôt du genre cancre ou 1er de la classe? Sérieux ou dissipé? Ennuyé ou passionné? Lèche-bottes ou provoque?

Racontez moi, ça m'intéresse!